L’UDB dénonce la dérèglementation environnementale des élevages industriels

Publié le par Rémi BEAUTO

L’UDB dénonce la dérèglementation environnementale des élevages industriels

Par un décret publié au journal officiel le 31 décembre 2013, le gouvernement engage une simplification règlementaire concernant l'ouverture et l'extension des élevages porcins. Ceux-ci, lorsqu'ils dépassaient 450 porcs, étaient jusqu'alors soumis à une enquête publique et une étude environnementale. Par ce décret, une simple mesure d'enregistrement sera désormais requise pour l'ouverture ou l'extension d'un élevage allant jusqu'à 2000 porcs.

Pour l'UDB, ce décret est une dérèglementation qui aura de sérieuses conséquences sur la pollution des eaux alors que la France déjà condamnée par la Cour de Justice Européenne pour ses «manquements», est mise en cause pour l'inefficacité de ses actions, couteuses de surcroît, de reconquête de la qualité de l'eau. Le décret Le Foll risque par ailleurs de réduire à néant les progrès enregistrés ces dernières années en matière de taux de nitrates et de pollution diffuse des eaux. Pour l'UDB, la nécessaire simplification administrative ne doit pas se traduire par une baisse des obligations environnementales et par une diminution des actifs agricoles. L'argument selon lequel cette simplification se fait à droit environnemental constant n'est pas de nature à rassurer car, à ce jour, faute de contrôle, ce droit n'est pas respecté en France.

De plus, alors que la Bretagne a perdu un quart de ses agriculteurs depuis 2010, ce décret va encore accélérer la concentration des élevages au profit des plus gros, des plus puissants, au détriment d'une agriculture nombreuse, de proximité et liée au sol. Au rythme actuel des départs en retraite d'agriculteurs et des agrandissements d'exploitations, l'agriculture perdra encore 40% d'actifs d'ici dix ans. Pour l'UDB, c'est un non sens économique, social et écologique : ce ne doit pas être une fatalité.

L'UDB s'était opposée au Pacte d'Avenir pour la Bretagne, entre autres raisons parce qu'il laissait entrevoir ce type de dérèglementation. Aujourd'hui, l'UDB retrouve dans ce décret la logique de l'amendement du député UMP Marc Le Fur qui avait été pourtant vivement dénoncé en 2010 par le PS à l'époque :

"Comment dire d'un côté : on va lutter contre les algues vertes, on va financer, poser des normes strictes avec les agriculteurs ; et de l'autre, alléger les contraintes pour les extension d'élevages porcins !"

Défendant une agriculture respectueuse des hommes et de leur environnement , l'UDB s'oppose à cet amendement et demande son annulation, rejoignant ainsi le Conseil régional d'Auvergne qui, le 13 novembre 2013, adoptait à l'unanimité (sauf la droite), un vœux dont la conclusion était :

"Soucieux du développement durable et de la crise de l'élevage, le Conseil régional d'Auvergne demande au gouvernement :
- de ne pas modifier le régime d'agrément des ICPE porcines
- de s'engager en faveur de mesures structurantes, cohérentes et de progrès économique, social et environnemental pour répondre durablement aux difficultés des éleveurs, ce qui implique notamment d'agir à l'échelle européenne en faveur de la sécurisation des revenus des éleveurs, de l'harmonisation et de la progression sociale et environnementale des conditions d'élevage."

Mona Bras,

Porte-parole de l’UDB

Publié dans ECONOMIE

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