« Tu seras soldat ». L’école de la propagande

Publié le par Rémi BEAUTO

 ça se passe en Bretagne entre autre,

ne l'oublions pas  ...

C'est l'asservissement du Peuple Breton


Entre 1871 et 1918, l’école de la République française a été

une redoutable machine

à fabriquer de bons petits soldats prêts pour « la revanche ».




Expo édifiante au musée de Bothoa.
http://musee-ecole-bothoa.blogspot.com

L’exposition actuellement présentée au musée de Bothoa est édifiante car, de tous les ouvrages scolaires, travaux des écoliers, jeux et publications pour enfants transparaît une « propagande éhontée », affirme Michel Sohier, créateur de cette exposition. « Tu seras soldat » est aussi le titre d’un ouvrage réalisé parallèlement avec sa fille Ana.

Une religion : le patriotisme
« On a repris le titre du livre de l’officier Lavisse, destiné à préparer les écoliers à la vie militaire ». Objectif difficile à imaginer pour les jeunes d’aujourd’hui, mais qui semblait admis à l’époque. Il faut consolider la jeune et fragile République et sortir du traumatisme de la Commune et de la défaite de 1870. Dans cette III e République centralisatrice, qui instaure l’école laïque, les programmes, méthodes et livres sont identiques dans toutes les régions. Une nouvelle religion est née : le patriotisme ; « sa fonction est d’endoctriner l’enfant afin d’instaurer le sentiment d’unité de la Nation ».

Une francisation menée tambour battant, au mépris des langues régionales, punitions à l’appui.

Thèmes guerriers

Cette référence à la Patrie se double d’une omniprésence des thèmes guerriers. « L’Histoire, mais aussi la grammaire - le soldat défend quoi ? Le drapeau. Il repousse qui ? L’ennemi ? - les dictées, rédactions - " Un conscrit de votre commune s’est coupé un doigt pour n’être pas soldat. Racontez le fait à un ami " - l’arithmétique, les chants concourent à exhorter un patriotisme revanchard, attisé par l’annexion de l’Alsace-Lorraine ». Plus encore : en 1882, Jules Ferry institue les bataillons scolaires, avec uniformes et carabines, sorte de préparation militaire ponctuée de défilés. La Bretagne, région pas encore acquise aux idéaux républicains et du fait d’un faible taux de scolarisation, en compte très peu.

Des carabines pour écoliers

Rapidement, ces bataillons parodiques tombent en désuétude. En revanche, la gymnastique, enseignée par des militaires, et le tir se développent à partir de 1900, avec des stands et carabines adaptées aux écoliers.

En 1914, « les Français sont prêts à partir naturellement, à la guerre ». Des enfants désertent leurs écoles pour aller sur le front. La propagande bat son plein au travers des cartes postales, de la presse enfantine (Bécassine, Les Pieds Nickelés) ou les caricatures de Poulbot. Les enfants sont mobilisés pour financer la guerre ; ils doivent apporter un sou par mois et sont mobilisés pour d’innombrables quêtes.

 En 1917, changement de cap : place à l’écolier-paysan, cultivant des pommes de terre dans le jardin de l’école et sur le moindre lopin. Il faut attendre trois ans après l’Armistice pour que la situation revienne à la normale en classe. Mais, avec le recul, « cette expérimentation d’un endoctrinement de masse, où les enfants sont les cibles privilégiées, est la préfiguration de ce que réaliseront, de façon plus totale encore, certains régimes d’après-guerre », souligne Michel Sohier.

Exposition
À Saint-Nicolas-du-Pélem.
  • Mai et juin : dimanche, de 14 à 18 h ;
Hervé Queillé



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