La catalogne independante ?

Publié le par Rémi BEAUTO


La catalogne independante en 2014 : le plan de "carod"

Le vice-président du gouvernement autonome de Catalogne, Jospe Lluis Carod-Rovira a récemment présenté son plan pour arriver à un Etat catalan indépendant à l’horizon 2014


C’était le 28 mai dernier à Andoain (Gipuzkoa). Sous l’invitation du quotidien BERRIA, le vice-président de la Generalitat, le gouvernement autonome de la Catalogne, Josep-Lluis Carod-Rovira présentait son livre "2014 : que parli el poble catala" (2014 : que le peuple catalan s’exprime). A travers cette date charnière, le but de Carod-Rovira, qui est aussi le président du parti indépendantiste catalan ERC, est simple : organiser un référendum en Catalogne afin de demander au peuple s’il serait d’accord de créer un Etat catalan indépendant.

L’idée peut paraître surprenante, voire utopique. Elle est pourtant le fait d’un indépendantiste, certes, mais avant tout d’un catalan. Par conséquent, l’indépendantisme de Carod-Rovira, fidèle à son esprit catalan, à sa "catalanité" est un indépendantisme pragmatique, qui puise ses bases sur des réalités concrètes de la Catalogne d’aujourd’hui, plutôt que sur des bases idéologiques classiques des nationalismes séparatistes.

Carod-Rovira lui-même explique ses aspirations indépendantistes : "j’aspire à vivre dans une société de progrès, avec des valeurs comme l’éducation, la santé, la modernité... seront privilégiées. Je suis convaincu que la seule voie possible pour arriver à une société catalane de la sorte est de créer un Etat catalan indépendant".

Deux types de souverainisme

En effet, dans son livre, avant d’arriver à la date butoir de 2014, le leader d’ERC dresse un bilan des aspirations indépendantistes de la Catalogne, et théorise les raisons qui poussent à celle-ci. "Il y a deux types de souverainismes en Catalogne. Les catalanistes classiques, nationalistes. L’Etat catalan est un idéal idéologique pour eux. Puis, il y a des nouveaux souverainistes. Des Catalans d’origines diverses, qui sûrement ne parlent pas catalans, qui sont issus de l’immigration...Ceux-là se rendent compte qu’en vivant sous la coupe de Madrid, leur qualité de vie est pire que celle qui serait la sienne avec un Etat indépendant", affirme Carod-Rovira.

Une nation "en construction"

La clef pour le leader d’ERC est de "réunir les forces" des indépendantistes, en passant d’un indépendantisme d’idéologie (qu’il qualifie d’indépendantisme adolescent), à un indépendantisme de majorités. Carod-Rovira veut donc unir dans la revendication d’indépendance tous ces secteurs divers de la société catalane, qui aspirent à une séparation de Madrid pour des raisons diverses (idéologie, qualité de vie, modèle social...).

Selon Carod-Rovira, la cohésion entre ces différents secteurs passe par une nouvelle conception de la nation. "La nation catalane n’est pas une nation d’identité, mais une nation d’identification. Certains Catalans se sentent juste catalans. D’autres un peu espagnol, et très catalan. D’autres marocains, espagnols et catalans... Le point commun de tous est cette identification à la Catalogne. La nation catalane est en perpétuelle construction".

La voie pour arriver à cet Etat catalan, passe selon Carod-Rovira, par quatre voies. Les deux premières sont militaires : la révolte armée, et l’insurrection populaire : "je suis contre ces méthodes, et il en va de même pour la majorité de la société catalane".

Indépendance unilatérale

Les deux autres sont politiques. La première est la réforme de la légalité de l’Etat espagnol : "je ne vois pas d’intérêt de changer la légalité d’un autre pays que le mien". Il ne reste donc qu’une voix possible ; la déclaration unilatérale d’indépendance.

Dans le plan du vice-président de la Generalitat, cette déclaration unilatérale serait la conséquence du référendum populaire de 2014. En cas de réponse affirmative, Carod-Rovira ne craint pas un refus de l’Etat espagnol, car "la démocratie est au-dessus de la légalité".



Tiraillements au sein du parti erc de carod-rovira

Le parti que préside Josep-Lluis Carod-Rovira, "le seul parti indépendantiste de Catalogne" aux dires de ce dernier est englué dans une crise interne. Carod-Rovira a annoncé qu’il laissera à partir de juin la présidence du parti. Cette décision a ouvert une guerre de succession.

Le premier volet de la crise se résume à un conflit de personnes. Carod-Rovira a décidé d’appuyer la candidature de Benach, qui se situe dans la même ligne politique que lui. Or, jusqu’à présent dauphin de Carod-Rovira, et qui idéologiquement est très proche de ce dernier, Joan Puigcercos, a décidé de jouer sa carte personnelle et d’assouvir ses ambitions personnelles.

Le second volet de la crise révèle un désaccord plus profond. La troisième candidature de Renyer se veut clairement indépendantiste, et conteste la "contradiction" de revendiquer l’indépendance, et en même temps participer en coalition avec le Parti Socialiste au gouvernement autonome de la Catalogne.

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