« C’est super ! Ma femme doit accoucher au mois d’août et elle pourra le faire à Carhaix ! »

Publié le par Rémi BEAUTO

Bretons, Bretonnes  des 5 départements de Bretagne,
entendez ce cri de joie par la voix de Christian TROADEC :

"Naître, vivre, décider et travailler au Pays"

ça s'appelle l'Autonomie        Qu'attendez vous pour la réclamer ?

Hôpital de Carhaix. Gain de cause !

Après un mois et demi de lutte, les défenseurs de l’hôpital de Carhaix ont obtenu gain de cause, hier, devant le tribunal administratif de Rennes. En suspendant la décision de l’ARH, le juge des référés a autorisé la réouverture des services menacés.

« C’est super ! Ma femme doit accoucher au mois d’août et elle pourra le faire à Carhaix ! ». La voix étranglée par l’émotion, Christian Troadec, maire de la commune, savoure la victoire des siens à la sortie du tribunal administratif de Rennes. Hier midi, il aura suffi de quelques dizaines de minutes
au juge des référés pour rendre sa décision et suspendre l’arrêté de l’ARH qui, depuis le début du mois, empêche la maternité et les services de chirurgie et d’anesthésie de l’hôpital de Carhaix de fonctionner. Une décision accueillie dans la liesse et l’incrédulité par la petite délégation carhaisienne. « Cela fait sept semaines qu’on est sur le terrain et ça n’a pas toujours été facile de contenir tout le monde, note Christian Troadec. C’est une injustice de l’État qui est réparée, maintenant, on va pouvoir travailler sereinement pour mettre en place un nouveau projet ». Les trois services concernés pouvaient théoriquement rouvrir leurs portes dès la décision de justice connue. Plus raisonnablement, la reprise devrait se faire petit à petit, à partir de vendredi, une fois le sujet discuté par le conseil d’administration de l’hôpital.
« Catastrophe sanitaire »
Pour l’heure, on ignore ce qui a motivé la décision du juge. Évoquant le contexte particulièrement sensible de ce dossier, il a souhaité rendre sa décision dans la foulée de l’audience mais son ordonnance ne sera connue que ce matin. Seule certitude, un référé repose sur deux arguments : l’urgence et le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Dans son arrêté pris le 25 mai dernier, l’ARH avait soutenu qu’il y avait urgence à fermer les services pour des raisons de sécurité. Un argument retourné par M e Philippe Herman, avocat du comité de soutien. « Oui, il y a des médecins qui travaillent trop. Et alors ? C’est ainsi partout en France et ça tourne (...) La véritable urgence, c’est de rouvrir ces services si on veut éviter une catastrophe sanitaire ». Invoquant une rupture du service public, l’avocat a jugé inadmissible que « 62.000 personnes », et en premier lieu des futures mamans, se retrouvent « à plus de 45 minutes des hôpitaux de Morlaix, Brest ou Quimper ».
Problème de recrutement
Pour l’heure, le référé ne fait que suspendre la décision de l’autorité administrative et ne l’annule pas. L’affaire sera évoquée au fond, devant le même tribunal, dans quelques mois. En attendant, l’ARH dispose de 15 jours pour se pourvoir en cassation devant le Conseil d’État. Mais choisira-t-elle de poursuivre sur le terrain judiciaire, au risque d’envenimer la situation ? Antoine Perrin, directeur de l’ARH Bretagne, n’a pas souhaité réagir hier. Christian Troadec, lui, s’est dit prêt à renouer le dialogue. Car, au-delà de cette décision, le problème de recrutement de praticiens à l’hôpital de Carhaix reste entier. « C’est un soulagement que nos arguments aient été entendus, mais on sait que ce n’est pas le bout du chemin », note Jean-Pierre Hémon, référent santé du Pays Centre-Ouest-Bretagne.

Alexandre Charrier



Publié dans SANTE

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