Le « mur du jacobinisme » finira par tomber

Publié le par Rémi BEAUTO

Le « mur du jacobinisme » finira par tomber< - Le 5 octobre

LANGUES REGIONALES. François Alfonsi, député européen, est convaincu que le « mur du jacobinisme » finira par tomber Comme à Berlin


François Alfonsi, député européen sur la liste Europe Écologie. (photo bertrand lapègue)


François Alfonsi est député européen élu le 7 juin dernier dans la circonscription Sud-Est, sur la liste Europe Écologie, alliée à la Fédération peuples & régions solidaires de France (1) dont il est porte-parole.

L’élu nationaliste corse est un ardent défenseur des langues régionales, comme on l’a vu lors du colloque international de Bayonne consacré à cette question.


« Sud Ouest ».

Selon vous, la question des langues régionales a-t-elle évolué au cours des dernières années ?


François Alfonsi.

Quelque chose a bel et bien avancé ! Le fait qu’elles soient mentionnées dans la Constitution française au titre de « patrimoine vivant » ne doit pas rester lettre morte.


C’est une demande qui émane du peuple, à laquelle malheureusement l’Éducation nationale n’adhère pas forcément. Au Pays Basque aussi bien qu’en Corse, en Occitanie et en Bretagne, on est confronté à des moyens insuffisants et parfois à une opposition frontale de la classe politique.


Rappelez-vous, en 1999 Lionel Jospin signe le processus de ratification de la Charte européenne des langues régionales, et dans la foulée le Conseil constitutionnel censure. On pense que l’affaire est close, puis en 2008, intervient une réforme de la Constitution. Politiquement, on ne peut plus faire après comme on faisait avant...


Quelle doit être l’étape suivante ?


Une nouvelle loi doit donner un contenu à ce changement induit par la modification institutionnelle de 2008. L’on verra ce qu’il adviendra, sachant que la précédente ministre de la Culture, Christine Albanel, était réticente et que Frédéric Mitterrand l’est sans doute un peu moins. La loi devra être basée sur le principe de la transmission du patrimoine. D’après moi il est encore possible que la France, bien qu’obstinément réticente à la diversité, puisse encore ratifier la Charte européenne.


Comment se situe la France dans le concert européen ?

Je pense que le jacobinisme qui a trois siècles d’existence est fragilisé par la construction européenne.

Le jacobinisme me fait penser au mur de Berlin. On avait l’impression qu’il était éternel. Lorsqu’il est tombé on s’est demandé pourquoi il s’était trouvé là !

La France est très en retard par rapport à des pays comme l’Espagne, la Grande-Bretagne... Nous vivons dans un système de jacobinisme dominant, confrontés à des conviction datant du siècle dernier.

Je pense que dans chacune des régions concernées, il faut créer un rapport de force à partir d’une volonté qui s’exprime. C’est un travail politique à faire.

Qu’avez-vous pensé du débat auquel ont entre autres participé les maires de Bayonne, Anglet et le premier adjoint de Biarritz ?

Il m’a paru intéressant et bien moins convenu qu’on ne pouvait le craindre (2).

Dans ce type de colloque, on essaye toujours d’envisager des actions concrètes qui dépassent les clivages politiques...



(1) Y adhère le parti Eusko Alkartasuna. (2) Y participaient Jean Grenet, Jean Espilondo, Max Brisson, le conseiller régional, René Ricarrère... Auteur : recueilli par ANNE-MARIE BORDES

Publié dans CULTURE

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